Vendredi 16 mai 2008 5 16 /05 /Mai /2008 16:39

Cet article pourrait aisément être introduit par un texte consacré à l'évolution des métiers de la presse vers le multimedia. Ce thème fera l'objet d'un débat ultérieur, tant il constitue l'une des clés de l'évolution de la presse tout entière. Pour en terminer sur ce sujet, je tiens simplement à souligner qu'il fait et fera encore pendant quelques mois l'objet d'âpres négociations avec les organisations syndicales. La question des droits d'auteur explique par exemple l'impossibilité, sur les sites web de certains groupes de presse, d'accéder aux articles, passé un délai de quelques jours seulement après leur mise en ligne.

Pour l'heure, je me contenterai d'évoquer le traitement et la publication de l'information sous un aspect parfois très technique, qui me semble essentiel, en faisant abstraction des moyens humains. En outre, nous supposerons ici que nous avons choisi de diffuser une information sur l'ensemble des « canaux » techniquement disponibles, pour établir au mieux une distinction fondamentale entre deux concepts : la préparation de l'information d'une part ; la diffusion de l'information d'autre part.

Dans un journal, un article est un ensemble composé d'une « titraille » (un titre et éventuellement un surtitre, un sous-titre, voire un chapeau), d'un texte, le cas d'échéant d'une ou de plusieurs photos, pourquoi pas également de relances et encadrés. Il est tout simplement impossible techniquement d'envoyer tout cela par SMS (160 caractères), MMS (300ko) ou même dans une fenêtre de messagerie instantanée. Les contraintes techniques ne le permettent pas plus que dans un flux RSS, un langage basé sur le XML et qui se limite essentiellement à un titre et un lien hypertexte pointant vers une page web accueillant l'article proprement dit.

Limites techniques et culturelles
Une page web, elle, peut en effet accueillir tous les éléments de l'article. Et même plus : des vidéos, des sons, des photos et d'autres textes complémentaires à l'article. Reste néanmoins un problème : les internautes sont des zappeurs et internet ne se prête pas vraiment à la consultation de longs textes, en dehors de cadres très précis (encyclopédies, débats-réflexions, scripts, etc.). Le PDF, pour sa part, peut très bien reproduire à l'identique ou différemment la mise en page de départ ; toutefois, il ne permettra pas la lecture de fichiers multimedia, du moins pas directement. Pour ce qui est de la newsletter, la phobie des virus par emails a considérablement anéanti leur version HTML. Rares sont les abonnés à ne pas se contenter de la version « texte seulement », quoique très austère ; et là encore, pas question de s'attarder sur des textes à rallonge.

Compte tenu de ces contraintes techniques et culturelles (la culture propre au web en l'occurrence), la façon de transmettre une information doit être foncièrement différente selon les canaux de diffusion choisis. A ce stade de la réflexion, il est donc clair que le rôle de « préparateur » de l'information incombe plus que jamais aux journalistes. Pour autant, ce n'est pas tant du point de vue des contraintes, que de l'approche culturelle, que cette première phase de la réflexion me semble bancale.

Penser web 2.0
En effet, un raisonnement traditionnel, tel que pratiqué dans toutes les rédactions du monde, consiste à « mettre en forme » l'information, pour une diffusion rapide. Une mise en forme graphique mais aussi du texte proprement dit, qui implique un choix délibéré de la part des journalistes quant à l'information transmise : avec ou sans encadré ; avec une, deux, trois ou dix images... Or, une intégration du traitement journalistique de l'information dans une démarche crossmedia peut difficilement faire abstraction d'une caractéristique trop souvent considérée comme un gadget à la une mode : le web 2.0 Et je ne parlerai pas ici de ce que les notions de langages « coté serveur », les bases de données et la modélisation XML des données peut changer à la façon de concevoir la diffusion/consultation de l'information.

Autant de concepts que j'aborderai dans d'autres articles mais que l'on peut résumer ainsi : s'il appartiendra toujours au journaliste-rédacteur de déterminer le traitement qu'il doit apporter à telle ou telle information, sans doute doit-il aujourd'hui le faire en s'affranchissant de toute contrainte technique ; aussi paradoxal que cela puisse paraître avec ce qui est évoqué précédemment, l'idée est simplement de séparer le traitement « de base » de l'information de sa mise en forme dans le cadre d'une diffusion multicanaux ou encore crossmedia ; une étape ultime qui reste à la charge d'un journaliste dédié à cette fonction, de la même façon que le « secrétaire de rédaction » est aujourd'hui le journaliste chargé, entre autres, d'agencer les articles dans une page « papier », si besoin en modifiant les textes du rédacteur.

Par Vincent Hénin - Publié dans : reflexion
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  • : Ce blog est destiné à accueillir une synthèse de mes réflexions liées à la définition d'une stratégie crossmedia pour la presse écrite et plus particulièrement pour la presse écrite locale (PQR - PQD).
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  • Je suis journaliste (secrétaire de rédaction) pour le quotidien départemental Centre Presse, appartenant au groupe Les Journaux du Midi (Midi Libre, L'Indépendant, Centre Presse), lui-même racheté récemment par Sud-Ouest.

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