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Toute démarche de positionnement stratégique, dans quelque domaine que ce soit, nécessite au préalable et entre autres éléments d'analyse, une étude de l'offre existante. Une étape difficile à accomplir de façon objective, sans déterminer auparavant les caractéristiques du marché, celui de l'information en l'occurrence. Une étude de marché digne de ce nom sur le crossmedia serait d'ailleurs la bienvenue sur ce blog...
En attendant, il me semble raisonnable de considérer les principes-clés du web 2.0 comme cadre culturel le plus approprié aux sites d'information. Essentiellement connu à travers le site Wikipedia, dont il constitue l'architecture et le moteur, ou encore dans le cadre de sites permettant à ses visiteurs de personnaliser le design et la mise en page, le web 2.0 est avant tout un concept. Un concept qui ouvre un champ incroyablement large d'applications, lesquelles restent pour la plupart à inventer. Avec pour seule limite l'imagination des chefs de projets web.
Evoquant « l'ADN du web 2.0 » dans son ouvrage intitulé « Le numérique dans l'économie et la cognition de l'attention », le philosophe Gérard Granel (décédé en 2000) distinguait trois composantes, qui se sont confirmées depuis : la participation ; la simplicité ; l'ouverture des données. Ce n'est pas par hasard si j'ai cité Wikipedia. Ce service d'information illustre à la fois l'aspiration du grand public à partager ses propres connaissances, l'efficacité toute relative du contrôle de cette information par les internautes eux-mêmes et plus inquiétant encore, la confiance de ces mêmes internautes dans la véracité des informations fournies (une confiance sans doute soutenue par le sentiment que l'auto-contrôle de la communauté s'exerce en temps réel et de façon rigoureuse).
1. La participation
Pour ce qui est de la participation, elle est ainsi devenue d'autant plus un fondement de l'information sur internet, que Wikipedia et les blogs sont extrêmement réactifs à l'actualité,
permettant à chacun de livrer sa propre opinion. Là où la presse écrite a presque toujours échoué, internet est sans aucun doute la plus fournie des chroniques « courrier des lecteurs ». En la
considérant ainsi, les journalistes professionnels ont plus que jamais l'opportunité d'affirmer leur légitimité.
2. La simplicité
Sur cette base et reprenant la maxime selon laquelle « ce qui se conçoit clairement s'énonce clairement », il me semble tout à fait possible, pour un site professionnel d'information, de
satisfaire les deux premières composantes du web 2.0 : participation et simplicité (dans la mise en forme et l'accessibilité).
3. L'ouverture des données
La troisième composante, à savoir l'ouverture des données, elle ne me semble pas poser de véritable problèmes d'éthique, bien que rarement appliquée par des sites issus de la presse
traditionnelle. Concrètement, il s'agit de permettre à ses supports extérieurs d'accéder à « notre » information. Il est certain qu'un modèle économique fondé sur un accès payant aux articles,
semble a priori incompatible avec cette notion de partage. Là encore, le principe me semble tout à fait adapté à une recherche de visibilité et donc d'audience et de crédibilité, pour peu qu'il
soit abordé sous un aspect déjà ancien : la syndication de contenus.
Cette approche, évoquée dans l'article consacré aux « supports complementaires » (Cliquez ici pour lire l'article), sera développée dans un prochain article. Rappelons simplement qu'il s'agit de permettre à des sites extérieurs d'afficher sur leurs pages des extraits d'articles ou des articles entiers (cela peut parfois se justifier) ; pour les lire en entier ou lire les autres articles liés, le visiteurs de ces sites tiers sont renvoyés par un lien hypertexte vers le site source. Visibilité = audience. La forme la plus connue de la syndication mais aussi la plus sommaire (parfois trop à mon goût), s'appelle « flux RSS ».
Notons pour conclure que les sites internet de la presse locale utilisent beaucoup le principe de la syndication mais la plupart du temps à sens unique ; les pages d'accueil intègrent pour beaucoup des dépêches de l'Agence France Presse (AFP) ou de tout autre agence de presse (Retuers, AP, etc.), des flux RSS en provenance de blogs, des vidéos de TF1... Contrairement à ce qui se fait beaucoup outre Manche, les sites des journaux « historiques » ne proposent pas d'autre forme de syndication « publique » que les flux RSS. L'AFP a suspendu il y a quelques mois un service de syndication plus abouti. J'avoue ne pas en connaître la raison, alors qu'elle l'a maintenu dans d'autres pays.
Cliquez ici pour un article consacré à l'entreprise 2.0. Cet article pourrait faire l'objet d'une réflexion sur les acteurs de l'information et notamment sur la place de la presse traditionnelle, dans un monde d'information ouvert aux entreprises de tous secteurs, comme aux particuliers eux-mêmes.| Mai 2012 | ||||||||||
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